Je commence toujours très haut, toujours par le plus haut ! J'ai beaucoup de chance je suis né au-dessus de tout le monde, un sentiment de supériorité énorme quand les autres ont la taille d'une mouche. Le calme plat règne dans mon univers, je suis simplement porté au grés du vent, comme si j'étais léger et voluptueux à la fois,maître des cieux, maître incontesté de la terre. Un sentiment de toute puissance m'envahi dès ma plus tendre enfance, avec mes frères nous sommes conscients de notre magnificence. Il nous arrivait fréquemment de nous nuire et de fondre vers le monde pour punir ces mouches. Alors nous nous organisions en bandes et réduisions les autres en poussière ; ou alors nous disparaissions totalement et les mouches étaient alors vite dépourvues et ne pouvaient vivre sans nous. Oui ici, je suis le chef incontesté.
Comme tout chef, j'ai joui d'une dévotion inébranlable de la part de mes sujets jusqu'à ce que certaines coalitions se mettent en place et comptèrent plus de membres que la mienne, et qui finit par me renverser moi et mes quelques fidèles amis. Nous qui étions nés tout en haut, re-descendions aussi rapidement que nous étions montés. Une fois que notre groupe fut entièrement mis à l'écart et placé tout au bas de l'échelle, des révoltes et des guerres éclatèrent au sein même de notre groupe, au fur et a mesure qu'augmentaient les épidémies, la famine et le manque d'éducation.
Vint un jour ou notre groupe, après avoir fait face à nombre d'éclairs en son sein, éclata !
Nous avons alors été séparés de quelques centimètres chacun et commencèrent une descente très rapide mais qui me sembla durer une éternité.
Une fois arrivé tout en bas, je suis tombé sur toi comme par magie, comme si le destin nous avaient poussés a nous rencontrer là, à cet instant précis duquel tu sortait de ton bus pour rejoindre ton lieux de travail, avec ton tailleur noir et ta chevelure épaisse qui commençait tout doucement a être mouillée. Tu courrais à une vitesse assez impressionnante et cela te donnait un sentiment de voler dans les airs. C'est ce même sentiment que j'ai eu avant de te rencontrer, nos chemins se sont croisés assez violemment mais j'ai senti, à l'instant même ou mon corps effleura ta chevelure, celle-ci était douce en imposante à la fois et me donna tout de suite un sentiment de sécurité en comparaison de ce qui aurait pu m'arriver en état au plus bas. Et je continuais à te toucher, te visage, ta peau si douce et si pure qui dégageait une odeur et une fraîcheur inégalable. Tes lèvres étaient pulpeuses à souhaits et laissaient un arrière-goût de fraise. J'étais a ce moment-là , certain, aussi certain que deux et deux font quatre, aussi certain que c'est le soleil qui réchauffe la planète, aussi certain que de ma propre existence, j'étais amoureux de toi, toi dont je ne savais pas le nom et dont je ne le saurai certainement jamais, même si je savais que tu ne m'avait même pas remarqué, que pour toi je n'étais qu'un parmis tant d'autres autour de toi, j'espérais pourtant que tu me remarque, que tu me sente, que tu pose son doigts sur moi, que tu touche mon c½ur pour qu'il soit enfin comblé après les évènement tragiques qui venaient de se produire, que tu pourrais être cette lueur au fond du tunnel qui me permettrait de croire en quelque chose, de croire en l'amour passionnel et éternel.
J'avais été réellement victime d'un coup de foudre, qui entraîna ma chute, je me retrouvais à tes pieds, je te suppliait de me voir, de faire attention à moi, de ne pas me briser ; mais cela n'a rien changé, ma chute a continuée, je me suis retrouvé écrasé sous ton pied, j'étais a présent entièrement décomposé ; certes tu avais touché mon c½ur, mais par la même occasion, tu l'avais détruit à tout jamais Mon corps se divise en infimes particules, ça y est, la chute prends fin, je suis mort...
Je suis une goutte de pluie, et j'ai rencontré l'Amour...